
Alors que l’on célèbre le 70e anniversaire du premier vote des femmes (29 avril 1945) et que les résistantes Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz reposent pour toujours au Panthéon, il est désormais certain que l’histoire ne saura plus s’écrire sans les femmes. Agents de liaison, cantinières, chauffeurs, infirmières, secrétaires, standardistes ou combattantes…, les Françaises ont largement participé à la Résistance. Une fois l’armée française défaite et l’Armistice signé alors que la France de Vichy entre en collaboration avec l’Allemagne, des voix s’élèvent pour dire non et résister dès l’été 1940. Parmi ces voix, celles des femmes. Durant les quatre années d’occupation, elles résistent, chacune à leur manière : hébergement de clandestins, organisation de réseaux, impressions de tracts et de journaux clandestins, préparation d’engins explosifs, évasions, collecte et transmission d’informations. Certaines s’engagent dans les Forces françaises libres — 1 800 femmes — tant et si bien que, le 7 novembre 1940, le général de Gaulle institue le corps des volontaires françaises, la première unité féminine de l’armée française. C’est une révolution car ces femmes qui signent — comme des hommes — un engagement militaire, n’ont pas encore le droit de vote. Pourtant, à la Libération, cet engagement n’est pas valorisé. Les chiffres en témoignent, elles sont les grandes oubliées du conflit : elles auraient représenté 15 à 20 % des membres de la Résistance, mais on compte seulement six femmes parmi les 1 038 Compagnons de la Libération et à peine 10 % des médaillés de la Résistance. Cependant, depuis une trentaine d’années, ces combattantes sortent de l’ombre. À travers les portraits de quarante-six héroïnes, cette exposition est l’occasion de rendre hommage à l’ensemble de ces femmes.
(Introduction du catalogue de l’Exposition photographique « Femmes et résistance »)
