Le drapeau du réseau Alliance transmis à une nouvelle génération de gardiens de la mémoire

Le 21 mai 2026, à l’occasion de la réunion de son conseil d’administration, l’association Mémoires de la Résistance et de la Déportation Normandes (MRDN) a officiellement reçu le drapeau de l’association Alliance, avant d’en assurer immédiatement la transmission à son nouveau porte-drapeau, François Oxeant, arrière-petit-fils du résistant Désiré Lemière, membre du réseau Alliance arrêté par la Gestapo le 15 mai 1944 et exécuté à la prison de Caen le 6 juin 1944.
Cette cérémonie de transmission, organisée à la Maison des Associations de Caen, s’inscrivait dans une journée consacrée au souvenir des résistants fusillés et avait pour thème « Les Britanniques à nos côtés », rappelant les liens étroits qui unirent le réseau Alliance aux services secrets britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale.

Une transmission portée par les familles

Avant la remise officielle du drapeau, le président de la MRDN, Gérard Fournier, a donné lecture de plusieurs lettres de donation émanant des héritiers d’anciens membres du réseau Alliance.
Ainsi, François Romon, fils de Gabriel Romon, l’agent « Cygne », fusillé à Heilbronn avec vingt-trois autres membres du réseau, a officiellement confié le drapeau à la MRDN.
Il a été rejoint dans cette démarche par Florent Mercier, qui a souhaité honorer la mémoire de son arrière-grand-mère Adrienne Dumeige, infirmière militaire ayant participé à des actions d’évasion et de renseignement, ainsi que celle de son grand-père Michel Talon, combattant de la bataille d’Abbeville et défenseur du pont de Joinville à Paris.
Enfin, Michel Berne, fils de Lucien Berne, chef de secteur du réseau Alliance sous le pseudonyme de « Cyprin », s’est associé à cette donation collective.
Ces gestes témoignent de la volonté des descendants des résistants de voir cet emblème continuer à vivre au sein d’une association engagée dans la transmission de leur histoire.

Un drapeau destiné à continuer son histoire

Conformément aux statuts de la MRDN, le drapeau sera désormais conservé par l’association, qui désignera ses porte-drapeaux et le fera participer aux cérémonies patriotiques locales et nationales. En cas de dissolution de l’association, il rejoindra les Archives départementales du Calvados, garantissant ainsi sa préservation pour les générations futures.
Le déroulé officiel de la cérémonie prévoyait également que le drapeau passe symboliquement entre les mains de Mme Aurélia Douin, petite-fille du chef du réseau Alliance dans le Calvados Robert Douin, arrêté par la Gestapo le 17 mars 1944 et exécuté le 6 juin 1944 à la maison d’arrêt de Caen, avant d’être remis à François Oxeant pour en assurer désormais le port lors des commémorations.

Le réseau Alliance à l’honneur

La cérémonie solennelle a réuni de nombreuses familles liées à l’histoire du réseau Alliance et de ses partenaires britanniques.
Étaient notamment présents Mme Frayssinet, fille de Marie-Madeleine Fourcade, Mme Jacques Fourcade, belle-fille de la fondatrice du réseau, M. et Mme Rodriguez, fils de Fernand Rodriguez, ainsi que M. et Mme Babois-Gentry, fille de John Gentry, officier du MI6 ayant travaillé auprès de Kenneth Cohen, chargé des relations avec les réseaux français. La fille de Harold Pickersgill, membre des services secrets britanniques, assistait également à cette cérémonie particulièrement émouvante.
Organisée par la Ville de Caen, cette manifestation a une nouvelle fois rendu hommage aux femmes et aux hommes du réseau Alliance, tout en rappelant l’importance de préserver leur héritage matériel et mémoriel.

Comme l’écrivait le général Frederick Morgan, chef d’état-major chargé de préparer le débarquement allié, les renseignements fournis par les réseaux clandestins avaient permis de constituer « une vaste quantité de connaissances détaillées concernant chaque mètre de la côte ennemie », rendant possible la préparation de l’opération Overlord.

Par cette transmission du drapeau, ce ne sont pas seulement un emblème et une tradition qui changent de mains, mais bien la mémoire vivante de celles et ceux qui, dans l’ombre, ont permis la libération de la France.

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